Houari Boumediene : précurseur de l'armée gardienne de la République.
Mai 68 en France - 40ans - Décembre 78 en Algérie - 30ans mort de Boumediene - Octobre 88 en Algérie - 20 ans.
Un organe centralisé cristallisant la puissance publique, tenant le rôle de cabinet d'audit et la suprématie d'officine d'anticipation stratégique. L'ANP (Armée Nationale Populaire), héritant de l'ALN (Armée de Libération Nationale) la prépondérance des opérations militaires, devient l'institution garante de la république. Une vocation liée à la souveraineté nationale et l'ordre intérieur.


I- Arrivée du premier soldat sauveur de meuble.
Azhari (a fréquenté El-Azhar : l'école de théologie égyptienne) de formation, feu Houari Boumediene, est le président algérien, 1965 à 1977, qui a gravé d'une empreinte indélébile son pays et toute une génération de son peuple. Dans le monde, il est encore inconnu. Son personnage est sujet aux spéculations qui en tirent, sans étonnement et à l'emporte-pièce, le portrait étriqué du dictateur en mal de prestige ou de panacées à une névrose personnelle. La tyrannie qui lui est adjugée ne fait dans la dentelle d'un ignorant, elle a le scrupule d'être éclairée. Il doit sa légitimité à la tête du pays qui s'est vérifiée : une P.P.P. (Perspective de Puissance Publique) à la poigne militaire, suivie d'une certaine méthode de gestion qui a donné ses preuves. Il était presqu'inconnu quand il a été imposé par l'armée, devant nombreuses et influentes personnalités d'âge et d'expérience plus avancés qui l'ont précédé dans le mouvement national. Ces dernières animées d'ambitions exacerbées de gouverner, avaient, déjà par le passé mené, ourdis des complots internes claniques au sein des structures qui les ont regroupé et la liquidation expéditive de toutes formes d'organisations et actions parallèles ou autonomes du giron « FLN ».
A l'orée de l'indépendance, les confrontations fratricides étaient au paroxysme. Non seulement parce que la pratique usitée pour la prise du pouvoir s'était ancrée mais aussi parce que l'accaparement de richesses, présidé des intérêts de classes sociales qui ne se déterminaient pas en tant que telles, était la finalité inavouée par les acteurs en place. Finalement c'est Ben Bella, l'armée en a bien décidé, qui a été propulsé à la tête de l'Etat nouvellement souverain. L'institution militaire algérienne s'était placée depuis, par ce coup de pouce au président le plus élégant(1) de son époque, dans la mission de contrôle et de relance des homogénéités nécessaires à la stabilité et de la naissance de l'Etat. Elle l'est toujours et le restera pour longtemps au centre des organes de l'Etat-nation algérien, afin d'obstruer les voies désastreuses et conflictuelles nuisant à la stabilité. Au moment de l'installation de cette haute institution, l'armée était déjà dirigée par le colonel Houari Boumediene.
En réalité cette investiture, d'un présidentiable à l'apparence fort sympathique, a été dès le lendemain regrettée. Le premier président de l'Algérie indépendante ne donna pas satisfaction selon l'audit des plus simples statistiques épiciers. Et pas si tard, ses maladresses de nationalisation des hammams, petits moulins de campagne, échoppes et même gargotes ont révélé une criarde incompétente. Le vaste enthousiasme, manifesté par la disponibilité du peuple à construite, aux prémices de la liberté regagnée, un pays à la hauteur des grandes nations, s'était déçu de moult médiocrités et bricolages. La gabegie tant redoutée, que provoquaient les motivations claniques et régionalistes de l'ancienne génération de nationalistes, s'était élevée en danger. Il fallait mettre fin, au bout de trois ans, à l'autorité de l'adjudant qui a roulé sa bosse en Indochine dans l'armée française ainsi que dans les rangs du PPA (Parti du Peuple Algérien) et n'arrivait pas à impulser les règles du nouveau démarrage avec la fraicheur de la liberté.
La prise des commandes par Boumediene, le 19 juin 1965 avec un coup d'Etat, alors qu'il était chef d'état-major et ministre de la défense ainsi que premier vice-président de la république, était d'une simplicité déconcertante et sans surprise. C'était une opération paramilitaire, menée en concert de plusieurs officiers et conduite par le supérieur au commandement. Du côté des personnalités des ralliements ont été missionnées par les officiers, il a été surtout fait appel à un nouveau sang générationnel, derrière le jeune officier Houari, pour créer un climat de concertation.

Alger-Républicain doyen de la presse écrite a été sollicité, en les circonstances, pour le soutien au putsch. Parmi les rares cercles, de la société civile ayant envergure d'avoir opinion, qui ont divulgué qu'ils ont été contactés en termes de dialogues à sens unique "Faites-le sinon vous allez fermer boutiques". Sans aucune effusion malgré une prise du pouvoir par le fusil.
Le régime de Boumediene a usé d'une manière outrancière d'une torture inhumaine et digne de Pinochet dans la traque implacable des opposants au putsch. Les tenants du cliché schématique du genre Junte sud-américaine, avancé et galvaudé ici et là, ont découvert que cette dictature avait paradoxalement, aux premières et hâtives appréhensions, un projet sociétal et un autre économique.





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