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Les minorités visibles dans l’environnement quotidien, mais insignifiants dans les médias.
En réalité, le club Averroès n’est plus à présenter. Mais puisque sa notoriété est en deçà de sa stature, y compris au sein des structures et aux yeux des décideurs visés par ses mises à l’indexe qui restent sans écho, il convient de tenter un modeste canevas d’identité de cette association qui rassemble quelque 350 professionnels de divers horizons et compétences liés aux médias et aux arts. Parmi ses fondateurs David Pujadas, le présentateur du journal de France 2.
Le Club Averroès fête cette année son dixième anniversaire et vient de rendre public, le 6 décembre, son second rapport. Ce dernier a été remis, si aucune surprise n’a perturbé le cheminement des choses, par Rama Yade, qui est parmi ses membres depuis qu’elle officiait sur Canal+, au président de la République le samedi 8 du même mois.
Il se revendique observatoire scrutant l’avancée de la diversité dans les médias et milite à favoriser, huiler et faire fonctionner l’ascenseur social dans surtout les organes du compartiment médiatique chargé de la communication sociétale. Cette dernière assure la vie de quelques arts, des retransmissions audiovisuelles comme les sports, d’importants programmes ludiques et l’information. L’appareil médiatique est associé dans l’incarnation des pouvoirs, communément le 4e, qui pilotent tout pays digne de ce nom. On peut donc s’imaginer la délicatesse de son initiative qui consiste en un regard d’un secteur culturel et pointilleux, et surtout doté et doué d’un indéniable impact sur l’ensemble de la population. C’est pour cela que sa méthodologie prospective se doit être, à bien la méditer, appréhendée selon la conception propre qu’il s’est fixée et relevant de son entière responsabilité.
Puisque sa dénomination n’est pas une enseigne qui le consacre exclusivement à un impératif définitif, tel le CSA. Une fois acquise la diversité, son seul présent dessein, dans les médias et les instances artistiques, son existence n’aurait plus lieu d’être (1). Ce qu’il n’inscrit pas d’ores et déjà, certainement faute de moyens et peut-être en l’absence de prérogative et d’originalité, la consécration honorifique et (ou) matérielle des établissements et des personnes étudiés positivement lors de ses constats. Son appellation « Averroès », adroitement imagée, se rapporte au philosophe musulman (Ibn Rochd) du XIIe siècle ayant vécu en Europe, Andalousie, plus reconnu en exégète de la philosophie d’Aristote. De laquelle il a synthétisé une pointe élevée d’idées rationalistes sources de laïcité, de mise en exergue des sciences et des valeurs humaines génératives d’évolution.
Le collectif du « Club Averroès » expertise, en toute autonomie, une complexité subtile et compromettante en France (2). Il s’évertue d’user d’un rigoureux doigté pour ne pas froisser, sans pour autant céder à la complaisance, les sphères qu’il scrute. Mais tente en même temps de les ébranler par la diffusion de rapports périodiques contenant de véritables évaluations d’une véracité assez amère pouvant glisser au sein des méandres de ce qu’il désigne, avec subversion, les citadelles impénétrables aux catégories d’Hexagonaux ressortissants des minorités.
En réalité, le premier baroud entendu dans ce sillage date de, 1976, l’époque de l’émission Mosaïques où il était question que le petit écran de FR3 offre possibilité aux immigrés de se miroiter à leur culture d’origine et de faire découvrir aux autochtones un exotisme porté par des personnes quotidiennement côtoyées. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, sans gros flots d’ailleurs, mais des événements mémorables ont eu lieu. Telle la percée de Rachid Arhab, en 1992 en présentateur du journal de France 2, continuée par sa nomination au CSA en 2007 avec en poche le portefeuille, sinon le lourd dossier, de la diversité.
A la recherche d’une éthique de représentativité des minorités visibles, tels que désignées par ce club, il n’hésite pas à exprimer sa consternation de la panne, en 2007, de la diversité dans les médias. Il consacre, avec forts arguments et illustrations, le gros de son dernier rapport au canal stratégique de la télévision. En décortiquant, chaîne après l’autre, les départements de production et programmes : publicité, fiction, visibilité parmi les publics invités, informations, staffs de management, etc.
A se poser la question qu’en est-il du secteur des arts, qui est sans intervenant comme le club Averroès influent directement ce volet et pouvant rapporter à l’opinion publique de telles dysfonctionnements et disparités. A titre d’exemple, l’affaire, qui oppose actuellement François Koltès à la Comédie-Française, montre qu’aucun « beur » n’est parmi les 50 sociétaires de l’honorable établissement pour répondre à l’exigence de l’auteur de l’œuvre, défendue par son frère et ayant droit, où la nécessité que le personnage soit d’un réalisme conséquent pour rehausser à la fois la qualité des représentations et faciliter la lecture de tout publics contemplant un théâtre avec toute l’authenticité française.
L’agencement du rapport 2007, ne peut laisser indifférent et peut même déranger... Ou glacer les dos ronds...
(1) Dernière question/réponse de l’interview d’Amirouche Laïdi, président du club Averroès sur Afrik.com, du 24 novembre 2007. http://www.afrik.com/reaction12992.html
(2) Voir plusieurs passages du rapport.
Lien vers rapport du club Averroès de novembre 2005 à octobre 2006 http://club.averroes.free.fr/uploads/RapportDiversite.PDF
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Avant de soulever les discriminations qui se maintiennent dans les contenus des médias, d’après le rapport/bilan 2007 du Club Averroès diffusé en ce début de décembre, parlons de ce qui se passe dans le boulot... Que de ségrégations subies dans le silence entier. Cet artocle a été publié sur AGORAVOX cliquer pour lire mes articles |
Mis au devant, les deux difficultés d’accès au travail et au logement qui frappent de plein fouet les citoyens hexagonaux d’origine non française d’abord, les émigrants ensuite, sont presque une secondaire banalité dans le contexte où 30 % des Français se déclarent ouvertement racistes. Les disparités entre personnes sur les lieux de travail ne sont pas tellement rendues publiques. Ces illégales et fréquentes malversations à l’encontre d’autres individus ont pour but l’exploitation d’aptitudes sans rétributions équitables. Ce qui rapporte illégitimement aux employeurs une rentabilité juridiquement bannie. Les critères discriminants ne changent pas en amont et en aval de l’ultime moment d’un recrutement : homosexualité, âge avancé, handicap, couleur de la peau, origine ethnique, patronyme, domiciliation...
A la fermeture du site Renault Boulogne-Billancourt pendant les années 80, il a été révélé que les travailleurs maghrébins, bien plus nombreux que d’autres employés étrangers alors que les Africains étaient encore rares, vivent leurs carrières aux mêmes grades hiérarchiques et aux mêmes postes de travail. C’était la révélation, faite tel le pschitt ou bien l’aile du papillon soufflant la tempête. Dans la même entreprise, les autres salariés de nationalités différentes, Portugais et Italiens parmi les Européens, qui les côtoient dans les ateliers terminaient leurs vies professionnelles, avec quelques promotions et avancements dans leurs parcours. Mais la priorité est accordée aux autochtones. La dernière en date de ces malversations va à l’usine Bosch de Vénissieux, le label des outillages, dont le procès de 25 salariés aux Prud’hommes s’est tenu le 4 décembre 2007. Lors de l’audience, il est démontré que des évolutions des carrières sont constatées depuis 2002, soit depuis que la requête a été faite par la section CGT.
La façon dont s’effectue la prise de fonction d’un recruté balise le contexte où s’exercera le travail contracté. Une fois le stade de l’embauche dépassé, des disparités multiformes sont suivies par les ressources humaines des entreprises dans une impénétrable opacité. La plus connue, et qui n’a pas trait à l’origine des employés, consiste à favoriser le mouchard parmi l’équipe. Le salarié qui entre en connivence avec la direction pour espionner ses collègues obtient des privilèges de paie ou des avantages en jours de repos, primes et autres gratifications. Il est plus considéré que ses collègues quelle que soit sa compétence. Il faut reconnaître que ce profil de protégé voit souvent sa promotion bloquée. Hélas ! Son utilité de servilité envers les supérieurs, le rend sollicité donc il est maintenu éternellement à sa fonction.
Les victimes de la discrimination dans le travail sont très vulnérables, l’épée de Damoclès les guette pour couper leur lien avec le travail. Les fautes professionnelles sont créées de toutes pièces pour les évincer. Le harcèlement dans le travail existe justement pour mettre sur la défensive ces proies. Pour qu’il ne porte pas sur la place publique son cas, l’employé visé évite de s’exposer à un éventuel déchaînement ou multiplication de ce qu’il subit. C’est surtout une fois un licenciement consommé qu’il tente de ramasser ses preuves pour intenter une action devant les tribunaux.
La banale différence, entre agents d’une même boîte, est la promotion qui induit sine qua non une augmentation du salaire au bénéficie d’une catégorie du personnel, subjectivement d’abord définie par le bon teint ou la consonance du patronyme et ensuite entrent d’autres considérations. Elle se manifeste par l’augmentation des uns sans les autres d’une manière discrétionnaire et arbitraire alors qu’ils effectuent les mêmes tâches et occupent les mêmes postes. Endosser plus de besognes aux lésés sont des cas communs.
La dissemblance du traitement des éléments humains, dans une même boîte, est vécue par la pression continuellement mise à l’encontre de l’exploité pour taire son souffre-douleur. Priver injustement un subordonné de ses primes parce qu’elles relèvent de l’appréciation de l’employeur ou du supérieur touche toujours les mêmes, qui dès leur recrutement sont déclassés puisqu’ils décrochent les emplois qu’après des acrobaties.
Dans beaucoup de cas, il n’est pas admis que l’arrivant sur le lieu de travail avec une posture particularisée mette au devant ses diplômes, son savoir-faire et son génie. Il serait de suite soupçonné d’ambitieux, débarqué pour piquer une place qu’il mérite, mais ne lui revient pas. Mesurons dans telles situations la perte de rentabilité des entreprises négligeant les compétences.
Dans son rapport publié en mars 2007, mois où le législateur français a entériné la validité du testing pour les postulants à l’emploi dont le BIT (Bureau internationale du travail) a pu faire usage dans son enquête. Cette institution séculaire spécialisée dans le suivi dans le travail a dressé un bilan accablant de la fameuse discrimination à l’embauche en France. A l’issue de la vaste opération qui a duré plusieurs mois de l’année 2006, mobilisant une centaine d’enquêteurs, de comédiens, de statisticiens et de superviseurs, bien plus de 80 % des candidatures susceptibles ou exposées à la discrimination sont rejetées. Il souligne en particulier que "près des neuf dixièmes de la discrimination est enregistrée avant même que les employeurs ne se soient donné la peine de recevoir les deux testeurs en entrevue". L’indication suivante « *Pour de nombreuses raisons, ce serait une erreur de regarder le nombre de plaintes, et a fortiori de condamnations en justice, comme une évaluation satisfaisante des discriminations » montre les précautions pour une appréhension profonde de la problématique de ce type de discriminations en France.
* La suite de ce sujet concerne le rapport du club Averroès de novembre 2007 qui traite de la représentation des minorités visibles dans les médias.
* http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/054000466/0000.pdf
· Rapport-BIT-discriminations-France.pdf - Le rapport du BIT sur les discriminations à raison de « l’origine » dans les embauches en France a été élaboré en étroite collaboration avec la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) et du ministère français de l’Emploi et de la Cohésion sociale.
· P.S. (Point Spécial) et IMPORTANT : le seul forum forum de discussions que nous avons déniché, consacré aux discriminations sur les lieux de travail.
* *Page 8 du rapport du BIT.
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